lundi 31 décembre 2007
Prologue
Rarement champs des possibles plus etendu n aura ete accepte comme destination envisageable.
Une partie de l equipage ne souhaiterait abdiquer que par arret de goudron, sur une plage de Mer de Chine. L autre partie se satisferait volontiers d une visite guidee de la Baviere. C est donc vraisemblablement entre ces deux extremites que se situera le point de demi tour, a ce jour inconnu.
De prime abord, la recette a tout du cocktail improbable : prenez trois cents kilos de viande fraiche, arrosez de testosterone et mettez a macerer jour et nuit pendant six semaines dans une cellule roulante de deux m2. Situez l action dans des pays plus souvent cites par Amnesty International que par le Guide Michelin. Ajoutez a cela un tiers de l equipage qui a une semaine du depart ne connait pas encore le deuxieme, ainsi qu une monture qui a fete ses 20 ans et son demi million de kilometres depuis deja pas mal de temps.
Logiquement, il devrait se produire un phenomene de fermentation propre a generer, si ce n est une Aventure en grand A, au moins des anecdotes en grand tas.
C est ce tas que nous vous invitons a partager avec nous au cours des prochaines semaines.
Y aura parfois du texte, parfois de l image, parfois des deux.
Y aura souvent de l action, parfois de l emotion, mais (normalement) rarement du sexe.
Y aura parfois de l humour fin, parfois des blagues lourdes (mais cette classification depend plus du recepteur que de l emetteur...).
Laissez nous vos impressions, faites nous sourire, envoyez nous vos bouts de France instantanes a vous, en echange nous vous offrirons quelques instants hebdomadaires d echappees belles.
dimanche 30 décembre 2007
FROMPARISTOU ? Kezako ?
Juste la signature qui nous accompagnera tout au long de ce voyage, "From Paris to..."
A suivre, la signaletique Made in Olivier posee sur la CX.
jeudi 25 octobre 2007
Les Aventuriers de l'Arche Perdue (GG)
Oui, sauf que pour une fois, le lieu commun se révèle vérité vraie. Nation composée de deux entités distinctes – les Arméniens d’Arménie et les Arméniens de la diaspora, les seconds étant plus nombreux que les premiers – l’histoire tumultueuse de l’Arménie constitue le lien insécable qui soude tous les Arméniens à travers le monde. Je ne connais guère qu’Israël et les Juifs comme exemple similaire.
Pendant longtemps, pendre un Arménien avec les tripes de sa mère c’était un peu comme brûler un nègre ou cracher sur un Juif : non seulement c’était permis mais en plus on vous donnait une médaille. Beaucoup de valeureux guerriers, au premier rang desquels les Perses et Ottomans s’en sont donc donnés à cœur joie pendant plusieurs siècles, avec un succès certain.
Devenus Turcs, les Ottomans n’en souhaitaient pas moins continuer de voir inscrit l’éventrage d’Arménien comme discipline Olympique officielle. Devant le refus poli de la SDN future ONU, les Turcs ont dit « OK, mais est-ce qu’on pourrait-y pas au moins réviser légèrement le tracé des frontières ? » « Je vous en prie, faîtes », a dit Mme SDN. « Thank you, you are bien brave », a répondu Mustafa Kemal Atatürk en dégainant sa pelle à tarte.
C’est ainsi que le territoire actuel de l’Arménie correspond peu ou prou au tiers - le plus pourri, celui avec les montagnes arides et les champs de cailloux - de ce qu’il était au départ. Un peu comme si les Belges nous avaient redessiné une frontière qui leur attribuerait le Mont St Michel,
Devant autant de pas de bol, vers 1920, un Arménien – dont l’histoire a dû retenir le nom mais pas moi – s’est levé et a dit : « les gars, j’ai une bonne idée, ras-le-bol de se faire élargir le fion par les Turcs, je connais un pote à mon beau-frère, il s’appelle Joseph et est prêt à nous filer un coup de main ; y a juste un papelard à signer et on sera enfin libres ». « Joseph, comme le papa du Petit Jésus ? Signe, signe ! » ont répondu en cœur les Arméniens. Pas de bol, c’était Joseph comme Staline, et c’est ainsi que l’Arménie est devenue pour les 70 années suivantes une République Soviétique.
Depuis, l’Arménie a regagné le statut de « vrai » pays indépendant, mais a définitivement perdu tout espoir de récupérer ses anciens territoires aujourd’hui en Turquie. Faut dire que globalement, à part Charles Aznavour et moi, l’Arménie tout le monde s’en tape. C’est un peu comme les Tibétains : on veut bien les trouver très sympas, leur acheter des t-shirts ridicules « Free Tibet » ou un disque d’Aznavour quand ils se prennent un tremblement de terre, mais bon, de là à se fâcher sérieusement avec les Turcs ou les Chinois…
Alors ils font comme ils peuvent, et ils ne peuvent pas beaucoup : pas de pétrole ni de ressources naturelles, pas d’accès à la mer, un blocus routier avec la Turquie qui leur coupe l’accès à l’Europe… Heureusement, la diaspora est là pour assurer les fins de mois. Parmi elle, mention spéciale pour Kirk Kerkorian, le milliardaire américain, boss des studios MGM, et premier actionnaire de Général Motors, entre autres ; les bonnes années, il participe à lui tout seul à hauteur de 10% du budget national. Blague Arménienne : l’Azerbaïdjan a Bakou et le pétrole de la Caspienne, nous on a Kerkorian. Tiens, à propos du Kirk, il ne se contente pas de signer des chèques, en bon Américain il sait aussi manier la propagande aussi discrète qu’efficace. C’est ainsi que Midnight Express, le film qui pour toute une génération fera passer les Turcs pour de sanguinaires sauvages, c’est un produit des studios MGM et une idée à lui.
Voilà donc pour le côté « fiers de leur histoire ». Pour le côté « hospitalité légendaire », là- aussi pas d’ambigüité, les Arméniens sont champions du monde. Difficile d’échanger deux mots - voire parfois beaucoup moins compte tenu de nos compétences linguistiques - avec qui que ce soit – bistrotier, logeuse, routier… - sans repartir avec une image de
Faut dire que côté pommes, l’Arménie en connait un rayon, elle qui a abrité en des temps meilleurs le Jardin d’Eden, juste avant que l’affaire ne capote (ou bien était-ce sans capote ?). C’est pourtant si bon de croquer des pommes, je ne vois pas pourquoi le vieux barbu en a fait tout un pataquès… comme en plus ça allège quelque peu nos repas relativement calorifiques tout en compensant nos séances épisodiques de brossage de dents, nous tournons à une moyenne de trois par jour.
Alors nous voilà donc en Arménie, pays de contrastes comme disent les guides déjà cités plus haut, où le meilleur côtoie le pire et Guédiguian Devédjian. Nous voilà sur les traces de Noé – celui-ci s’est embourbé au sommet de l’Ararat – dans notre arche à nous. Sauf que nous allons essayer d’être un peu plus doués que le Père Noé, et ramener la CX à Paname ; ne serait-ce que pour sauvegarder les deux superbes spécimens d’étalons reproducteurs embarqués à bord.
Pour cela, il faut que nous arrivions à recoudre la grand-voile et réparer une légère voie d’eau. Alors nous prions – oui, nous prions : depuis que nous sommes sur un rythme de six monastères par jour, nous nous sommes mis à la prière et au brûlage de cierges. Et entre deux prières, nous profitons d’Erevan et de ses environs, qui ne manquent ni d’atouts ni d’attraits. Un de nos préférés étant de nous installer à une terrasse pour y déguster une dizaine d’expressos dans le parfum des roses écloses du matin, en regardant passer des seins éclos depuis pas beaucoup plus longtemps.
Et puis, nous sommes samedi ! Et le samedi aura acquis au cours de ce voyage un double caractère sacré : c’est tout à la fois jour de rugby et jour de douche.
Pour ce qui est de la douche, ce sera dans une petite pension, idéalement située en plein centre, tenue par une charmante mamie chez qui nous serons comme des coqs en pâte. Bon, c’est sûr, on n’est pas venu pour
En outre, dans notre voyage un peu trop en vase clos à notre goût, ce sera au moins l’occasion de côtoyer une « vraie gens ». Et on comprend vite que la vie quotidienne n’est pas simple quand on est une vraie gens en catégorie « petite retraitée ». La chambre qu’elle loue, c’est la sienne, elle-même dormant dans ces cas-là sur le canapé.
Certains détails attirent également nos yeux d’occidentaux repus : le savon du lavabo qu’on coupe en deux en espérant qu’il durera deux fois plus longtemps, le journal qu’on lit à la fenêtre pour n’allumer la lumière qu’au dernier moment… Des habitudes d’approvisionnement prises au temps du soviétisme aussi, avec des achats que l’on fait non en fonction de ses besoins mais en fonction de l’arrivage du jour, parce que demain peut-être y en aura plus : ce sont ainsi 124 rouleaux de PQ stockés dans un coin, 8 paquets de lessive d’avance entreposés dans un autre…
Pour ce qui est du France - Angleterre du soir, sur les conseils pris à notre arrivée auprès de l’Ambassade de France (bien utiles ces ambassades, qui a dit que c’était de l’argent dépensé pour rien ?), ce sera le Marriott, qui a eu la bonne idée de s’associer à Ricard pour retransmettre l’évènement sur écran géant.
Les trois heures de décalage horaire nous permettent de ne pas nous y présenter le ventre vide, et nous nous sustentons préalablement dans une chouette taverne traditionnelle à l’aide de pleins de bons petits plats (enfin, petits….) que nous commandons au hasard, vu que l’alphabet Arménien…
En plus, c’est le WE, c’est jour de concert dans le resto. Nous avons la chance d’assister à une mémorable séance de musique et chants traditionnels Arméniens. Le chant traditionnel Arménien, c’est, comment dire… poignant ! On n’entrave rien aux paroles, mais vu la tronche du gus, on comprend qu’il n’est pas en train de nous chanter
En tous cas, c’est très beau, et très typique. Surtout quand le Président de l’Assemblée Nationale, qui mange à la table voisine (à moins qu’il n’ait uniquement bu ?) se lève pour chanter lui aussi.
De notre côté, nous mettons un point d’honneur à goûter toutes les spécialités de la maison, et après la page des plats nous attaquons tout aussi méthodiquement la page des boissons. A défaut de pouvoir faire feu de tous bois, les Arméniens font goutte de tous fruits : mûre, prune, pomme, cerise, abricot… (mention spéciale pour ce dernier !) Au bout d’un moment, cela fatigue les serveurs, qui préfèrent nous laisser les bouteilles directement à disposition sur la table.
C’est donc le cœur léger, l’estomac bien rempli et l’esprit complètement vide que nous partons assister au match contre ces pédés d’Anglais, qu’on va leur foutre au cul et qu’on va voir ce qu’on va voir nom de dieu ! Le premier essai British à la 2° minute nous fait bien rire, comme toutes les autres actions de la rencontre d’ailleurs.
A la mi-temps, des regards anglo-saxons et réprobateurs nous font comprendre que les deux bouteilles de Ricard à côté desquelles nous étions assis étaient aussi pour les autres participants. Enfin, quand je dis nous comprenons, je devrais dire je comprends. Banban, lui, est parti négocier avec le représentant Ricard en lui expliquant qu’y a marée basse et que c’est quoi ce bordel ? Nous emploierons le dimanche à lire le résumé du match sur léquipe.fr en digérant tout à la fois notre défaite et notre léger mal de crâne.
Les deux jours suivants sont employés à permettre à une vingtaine de douaniers Arméniens de justifier leur (maigre) salaire pour récupérer une pièce expédiée de France, à faire monter la dite pièce sur la CX pour lui (et nous) permettre de continuer notre voyage, le tout agrémenté bien entendu de la visite d’une petite douzaine de monastères.
Après avoir effectué notre demi – tour au monastère d’Hayravank sur les bords du lac Sevan,
(félicitations donc à David, qui gagne le Grand Concours Fromparistou et une bouteille de Schtgmotchievoschk Géorgien cuvée 2003) nous entamons donc notre retour, en explorant au passage quelques chouettes petits coins Arméno – Géorgiens lors de bivouacs aussi champêtres que mémorables.
Nous atteindrons le point culminant sur l’échelle de Richter du bivouac mémorable en préparant au feu de bois des écrevisses – achetées vivantes sur les bords du lac un peu plus tôt – flambées au Cognac.
Entre la poire et le fromage, ou plutôt entre la poire et la mirabelle, nous digérons l’abandon du passage du côté Iranien de
Nous mettons sur pied le futur tome 2 de notre aventure, qui irait cette fois d’Erevan à Samarcande. Nous faisons le constat qu’il ne faudrait cette fois-ci pas grand-chose de plus pour y arriver : premièrement des visas en bonne et due forme (si tant est qu’on considère qu’un visa, cette invention barbare, puisse avoir une due forme). Et enfin un véhicule qui ne nous attirera peut-être pas aussi spontanément la sympathie mais sera plus « local », et donc mieux adapté aux contrées traversées. Pour ça, il n’y a pas 36 choix mais 2 : ce sera soit Merco, soit Lada Niva 4x4. Avec un de ces deux modèles, nous ne serions peut-être pas tombés moins en panne qu’avec la CX, mais les réparations auraient été effectuées avec la même facilité et rapidité qu’un plein d’essence.
Au passage de
Alors soit ! monte backpacker ! Mais ne parle pas trop, qu’on puisse écouter le paysage. En bon Suisse, le nôtre sait rester neutre et discret. Revenant du Népal et d’Inde et étant passé par l’Iran, il nous donne confirmation de ce qu’on savait déjà, c’est à dire qu’il n’y a aucun souci à se rendre actuellement en Iran, quelles que soient les déclarations tonitruantes de ses dirigeants. Tant pis, nous vérifierons cela par nous-mêmes la prochaine fois, si les futures frappes Israélo – Etats-Uniennes laissent quelques villes debout.
Le retour en Géorgie par Batumi nous rappelle de bons souvenirs, pas si anciens, de victoire homérique contre les Blacks. La Géorgie étant également le théâtre où s’est déroulée la légende de Jason et la Toison d’Or, nous prions – eh oui, encore – pour que le Jason des temps modernes, le 15 British Robinson, ne revête pas ce WE la Toison d’Or Rugbystique.
L’autre fierté du coin est la paire de moustache de Staline. Mais plutôt que visiter le musée local dédié à leur gloire, nous préférons déguster de sublimes souvlakis en terrasse, à l’ombre d’une treille de raisins bien mûrs, en regardant passer des seins à peine plus verts.
Le musée Staline nous permet d’imaginer que d’ici une dizaine d’années, il devrait en pousser un similaire du côté de Neuilly. Où, suivant le même modèle, il sera expliqué que Nicolas a été le plus important homme politique Français, qu’il mesurait un peu plus
Mais il est déjà temps de repartir : pour la deuxième fois, nous visitons les
Nous rejoignons Istanbul et son pub anglais pile poil pour la Marseillaise d’un France Argentine qui restera mémorable surtout dans les mémoires argentines. Nous n’avons maintenant plus le choix : quitte à truquer l’arbitrage, il faut ABSOLUMENT que les Sud Af battent les Brittons et ne leur permettent ainsi pas d’être encore plus – si tant est que cela soit possible – insupportables pendant les quatre prochaines années.
C’est à Sofia que nous décidons d’assister à l’évènement, et nous nous y installons confortablement : après trois nuits dans des fossés d’autoroute, nous nous autorisons hôtel avec eau chaude et draps propres et bon resto avec spécialités Bulgaro – Balkaniques. Le match visionné dans un pub Irlandais (sur une chaîne Allemande !) et le résultat heureusement conformes à nos attentes, nous goûtons ensuite aux délices cachés de
Nous fixons l’étape suivante à Budapest, que nous atteignons le lundi matin dans une ambiance de dimanche soir à Alençon. Renseignements pris, c’est la fête nationale ; tous les 23 octobre les Hongrois commémorent le 23 octobre 1956, quand les chars Russes sont venus les libérer (du moins est-ce ce que j’ai compris dans mon hongrois approximatif).
Personnellement, je vois mal l’opportunité de fêter un évènement qui a conduit
Nous passons la journée à nous balader dans un Budapest désert et abandonné aux skinheads ultra – nationalistes qui se préparent pour leur grand défilé annuel. Nous ne comprenons rien à leurs slogans, mais ils ne doivent pas être en train de réclamer la libération de José Bové. Nous hésitons quelques instants, mais finalement, comme moyen de délassage, à une bonne baston hygiénique nous préférons aller passer l’après-midi à l’institution Budapestoise : les bains Turcs du Gellért.
Une étape de nuit ensuite (facile, c'est une étape d'autoroutes Allemandes, nous en profitons pour rouler à 190), et nous nous retrouvons sur les bords Français du Rhin pour un dernier pique – nique. C’est bon de retrouver la France, même si l’hiver annonce ses prémices (nous roulons sous la neige depuis Sofia) et que nous sommes moins tentés de faire une sieste dans l’herbe.
Avant l’arrivée triomphale sous
Fin du premier épisode !
mardi 23 octobre 2007
Virages (Banban)
Voilà, c’est fait ; le rêve de voir la coupole de la mosquée bleue de Samarkand s’est brisé sur les écueils de la diplomatie Franco-Iranienne ( et aussi le caractère un peu revêche de la CX et notre léger manque de préparation) alors que celui de voir la coupole du monde de rugby, auréolée elle aussi de bleu, s’est fracassé contre une muraille de chine façon rosbeefs qui vont nous « chambrer saignant» encore quelque temps.
Bon, il faut bien l’avouer, les 3 heures de décalages horaires entre la France et l’Arménie ont joué en notre faveur et c’est après un dîner copieux et fruiteusement parfumé de saveurs locales (vodka à la mûre à la cerise à l’abricot, et bien d’autres) que nous entamâmes notre visionnage de la rencontre.
Après avoir entonné un « couille de mon grands père » mémorable, nous étions persuadés que les Français jouaient en Blanc. à la fin nous étions champions du monde… Échange des maillots avec les représentants du XV local et un retour à l’hôtel qui reste toujours aussi mystérieux pour moi, ont fini d’achever cette soirée plutôt réussie…
C’est seulement à la lecture de l’équipe du lendemain que nous nous rendons compte que ces « incapables de rugbymen » ont niqué le point de croissance à Sarkozy, il paraît qu’une enquête est en cours… Cette défaite aura donc marqué le début de la décroissance en France ! Allez les bleus ! Encore un petit effort, jetons toutes nos télés et on devrait pouvoir en faire perdre un deuxième d’ici Noël !
Deuxième conséquence, nous ne pourrons jouer nous aussi que la troisième place sur cette route de la soie. Le voyage risque bien de se terminer en Arménie au vu des difficultés expliquées localement pour passer la frontière Iranienne et le temps planifié pour recevoir et monter rondement nos nouveaux roulements que nous espérons roucoulants. De plus nous devons enchaîner une addition de kilomètre pas vraiment digeste pour nos emplois du temps de ministres en vacances et le respect due à l’équation mécanique-temps-contretemps..
Nous passons donc notre Dimanche à nous remettre de la veille et à nous promener puis à pratiquer notre activité favorite depuis deux semaine : Le monastérisme. Les environs d’Erevan sont confits de ces lieux spirituels que nous découvrons aux lendemains de nos abus spiritueux. Nous pratiquons assidûment depuis notre entrée en Georgie et plus encore en Arménie. On dirait deux pieux en pèlerinage permanent.
Nous monastérisons donc jusque Garni puis Gherart avant, le lundi suivant, d’aller traîner nos calottes jusqu’au monastère de Khor Virap situé sur les contreforts du Mont Ararat.
Nous l’apercevons encalotté lui aussi, de nuages, juste assez pour ne pas nous permettre de constater en entier la blancheur vénérable de son chef blanchi à la neige éternelle.
Il est dit que Noé y a posé sa barque. On se dit qu’il a dû en chier pour la monter là-haut !
De notre côté, nous attendons impatiemment que nos roulements arrivent pour remettre notre paquebot à flot car chaque virage devient une gigue dangereuse tandis que notre vitesse de croisière pour naviguer d’église en monastère, oscille aux alentours de 20, 22 nœuds maximum, (environ 40 à 44 pour ceux qui compte en nouilles).
La bonne nouvelle du lundi est que les roulements sont arrivés et le mardi pourrait nous les voir monter si nous arrivons à franchir l’écueil douanier que représente la collection du paquet auprès des autorités et la douane aéroportuaire locale.
Nous jouons,une fois de plus, au tavli le rôle de celui qui ira faire des sourires aux douaniers et de l’autre, qui lui remontera le moral et mettra le coup d’éponge entre les différents rounds. GG perd allégrement, fidèle à son habitude, sa quatorzième partie sur treize pour endosser le costume de valeureux chevalier tueur de dragons douaniers.
Après une la 223ème pause café depuis notre départ en voyage , nous mettons en place une stratégie infaillible qui nous verra vaincre à coup sur : un lever pour une fois matinal, un sourire gingival et une remise au point de nos bonnes étoiles pour que l’opération se déroule sans accrocs et sans roille.
Nous prenons avec conviction et embonpoint un dernier excellent repas dans un des petits restos sympas d’Erevan avant d’aller nous coucher tôt en prévision de notre rude combat du lendemain.
Mardi.
Enfin levé à l’heure des aventuriers, vers 7 heures, nous nous plâtrons l’estomac de fromage local avant de prendre la route de l’aéroport dans ce qui sera, nous l’espérons, l’avant-dernier voyage de la CX sur ses billes carrées. Elle commence à sérieusement douter de notre « mecanical management » et nous le fait savoir à l’aide de claquements qui nous envoient des frissons dans la colonne de transmission vertébrale.
Armé de sa bravoure, de son courage et de tous ses papiers, Chevalier GG se lance alors dans un combat inégal face à l’Hydre douanière Arménienne. Comme sa célèbre cousine antique, GG voit apparaître devant lui tour à tour plus d’une douzaine de têtes qu’il lui faut amadouer avant de les couper une à une en vue d’obtenir coupons, tampons, signature, copie, sourire, formulaire, facture, photocopie, tampon, formulaire,signature, soupir, tampon paquet signature… et sortir finalement vainqueur d’un combat sans merci qui nous délesta de nos restants de foi dans le système douanier soviétique préservé tel quel et bien sûr de 100 % de la valeur du bien importé que nous avions « sous évalué à 80 euros ».
Accueillant GG en vainqueur, j’ouvre le paquet en conquérant pour y trouver deux roulements que je n’aurais pas donnés à mes neveux pour en tirer les billes. Il y a du foutage de gueule dans l’air et c’est une haine sourde qui grandit en nous à l’encontre du vendeur qui nous a refilé des accessoires qui ne semblent vraiment pas en bon état et qui n’auraient pas dû être vendus.
Nous contenons nos doutes et essayons de trouver au plus vite le garagiste de nos rêves qui nous permettra de monter les nouveaux oripeaux au flanc saillant avant de notre monture.
La providence restant tout de même notre meilleure compagne en ces moments difficiles nous dégotons du premier coup un garagiste au profil Russo-rustre mais sympa qui accepte de nous monter tout cela. À la vue des roulements, il fait un peu la tête d’un dentiste à qui l’on demanderait de greffer des dents cariées dans la bouche d’une grand mère édentée… et tout en crachant sur Citroën, il nous effectue l’opération du mieux qu’il peut en nous conseillant brossage très fréquents, évitement des sucres et moyennes au dessus de cent !
Nous prenons conscience de notre inconscience au moment où de la poudre de roulement glisse par terre telle de l’escampette alors que l’opération de substitution est en cours.
Une fin d’anesthésie locale et c’est retour sur terre.
La CX roule enfin mieux, et nous pouvons de nouveaux mâcher de la viande et des kilomètres. Nous nous mettons aussitôt en route pour le lac Sevan à l’Est du pays que nous comptons contourner pour aller jusqu’aux extrémités possibles de notre orientalité.
Un claquement sourd et bien connu, alors que nous entamons le tour du lac, jette un froid polaire dans l’habitacle de la voiture alors que l’altitude atteinte (2000 mètres) et le temps qui se couvre ne nous encouragent pas à continuer plus avant les expérimentations douteuses. Nous décidons donc d’éviter le détour et de nous avancer vers le Nord, après avoir pris photo de notre point tournant et maudit le pourvoyeur de roulements sur 7 à 8 générations…
Toujours portés par nos élans chevaleresques, nous profitons de notre passage lacustre pour kidnapper quelques jeunes filles issues des environs des eaux froides. Elles sont une douzaine, et ont pris la forme d’écrevisses magnifiques. Nous promettons de les distraire efficacement de leur destin tragique de bisque touristique en les enlevant de haute lutte ( encore chevaleresques, 3 zorros le kilos) à leur geôliers pêcheurs. Après avoir roulé sous notre premier crépuscule humide du voyage, nous nous arrêtons enfin dans un pâturage alpin où nous établissons, à notre grand bonheur, un de ces petits camps de nuit dont la sortie de la Turquie et de ses garages nous avait régalé à l’aller. Nous dissertons sur la technique à adopter pour rendre à nos princesses forme humaine, mais un drame se produit ! Est ce à cause des effluves de cognac acheté le matin même ? ou le coup d’un délirium d’altitude ?
Bref, afin de les désenvoûter les néo-captives, nous décidons de leur faire prendre un bain d’eau chaude puis de les arroser de Cognac pour leur refaire prendre forme humaine. Echec lamentable.
La préparation et plus encore la dégustation des écrevisses flambées accompagnées de patates à la braise tiennent tout simplement du divin et nous nous voyons grandement récompensé de toutes les visites effectuées dans les hauts lieux saints des christianismes Arméniens et Georgiens.
De plus, nous marquons le coup à l’aide de notre dernière cartouche Française (un muscadet d’une simplicité elle aussi monacale mais apprécié par la soif d’abbayes sale de nos cloîtres austères). Ce petit muscadet complète à merveille l’enchantement religieux que les écreux nous vissent à l’âme. Bref nous avons réjoui nos palais de papes… Après avoir visité tous ces monastères, c’était bien la moindre des choses !
Pour un peu, on se consolerait d’avoir commencé le demi-tour car, si le luxe extrême existe, nous l’avons vraiment touché du bout de nos doigts maculés d’une sauce savoureuse en disséquant ces bêtes exquises sous les étoiles du canyon de Debed et dissertant déjà de la revanche que devra nous accorder la route de la soie car, à pied ou en Lada… C’est sûr, on y reviendra !
Pour un peu, on pardonnerait presque au vendeur de roulements ! et puis non… On lui rendra les billes de ses roulements une par une à coup de lance-pierres dans les fenêtres de son entrepôt et on lui greffera le bout des essieux à la place du nez… On n’est pas fort en mécanique, par contre GG a toujours rêvé de se mettre à la chirurgie esthétique…
L’Arménie, pays Européen ?
Allez, je vais vous étonner. On a bien aimé l’Arménie et même si ce n’était pas le but initial du voyage, on est content d’y avoir passé ces quelques jours et d’en avoir fait notre point tournant à défaut d’Iran ou d’Azerbaïdjan à qui nous avons adressé des promesses de bientôt du haut des contreforts du plateau.
C’est « encourageant » l’Arménie. Il semblerait que, comme en Georgie le goût douteux des nouveaux riches Européens soit ici décuplés par sa nouveauté. La vitesse à laquelle les gens s’enrichissent et font rouler leurs voitures semble inversement proportionnelle à la décence avec laquelle ils utilisent l’argent. Bref c’est comme chez nous en plus visible. Dommage.
Les Arméniens semblent êtres très Européens dans leurs attitudes leur religion et leur mode de vie, mais l’unité apparente l’est une fois de plus autour d’une variante de la religion chrétienne qu’est l’église Arménienne. Je suis à chaque fois étonné de découvrir de nouvelle branches à cet arbre aux ramifications infinies…
Les femmes, les hommes ; le profil Arménien est plutôt ombrageux avec des nez qui sont très présents dont les qualificatifs se trouveraient plutôt chez Cyrano, Cléopâtre ou Gaspard des montagnes que dans « déserts et mornes plaines ».
Les femmes se font belle en ville et plutôt tonnelles dans les campagnes où le profil sphérique est rapidement de mise au fur et à mesure que les années passent et labourent leur physique de travailleuses comme des charrues mono-socs attelées aux chevaux retournent la terre caucasienne.
L’alphabet est une indigestion cabalistique dont les rares bouées de sauvetage correspondant à l’alphabet latin sont le plus souvent de faux amis. Nous décidâmes de ne pas nous fâcher avec nos hôtes en laissant tout cela de côté et en nous concentrâmes sur les 3 mots de Russes que nous maîtrisions à la perfection : Da, Niet, Spassiba.
C’est en sortant du pays (après encore un ou deux monastères pour capitaliser sur la route du retour) que nous finissons de nous émerveiller sur l’étendue de la puissance douanière en nous questionnant sur la réalité de l’activité économique en Arménie. On a l’impression que l’entrée dans l’Europe et la fin des barrières douanières mettrait probablement plus de la moitié de la population au chômage, ce qui serait quand même dommage.
C’est donc un retour en douceur que nous entamons en nous dirigeant vers Tbilissi que nous avions zappé à l’aller au profit d’autres voies plus chaotiques.
Perturbés par notre sens de l’orientation en déroute, nous mettrons plus de deux heures avant de retrouver le Nord que nous avions égaré avec nos cartes en soute. Quelques Ecossais épars sillonnent la capitale où ils sont venu voir le match de football. GG me dit que « ça a dû leur faire un sacré bout de route pour arriver là » puis je lui fais gentiment remarquer qu’ils ont dû préférer la solution aéroportée ce qui a le don de nous faire philosopher sur les consommations pétrolifères des différents moyens de locomotions employés pour visiter l’au-delà de nos frontières.
Un petit dernier pour la route ( café n°247) et nous entamons notre Georgeo-traversée de nuit pour que l’affaire reste corsée puis au matin suivant nous nous retrouvons encadrés entre le petit et grand Caucase enneigées. Magnifique ballade le long d’un chemin de fer portant des trains sortis d’autres temps. Ça met l’eau à la bouche et nous décidons donc d’acheter du vin Georgien pour nous faire patienter jusqu’à notre prochaine visite et rappeler à nos palais l’âpreté enjolivée de ce pays. Nous entamons alors une session de bivouacs de bord de route qui durera trois jours, durant lesquels nous vivons comme des routiers nous relayant au volant de notre bahut dont nous plafonnons le disque à 80 et écoulant notre stock de casettes, après les avoir mâchées deux fois, dans un autoradio qui persiste à nous parler en Russe et en Turc.
Les avis sont partagés sur le destin de routier qui aurait pu nous saisir si nos bifurcations ne nous avaient fait devenir les managers pointus que nous sommes devenus. GG voit ça comme l’opportunité d’éviter petit chefs d’entrepôts et patrons sur le dos, je vois plutôt cela comme une manière de porter sa croix surtout en croisant les files ininterrompues de camions arrêtés sur 3 à 6 kilomètres pour deux à trois jours aux abords des frontières traversées. A choisir, j’aurais préféré être routier sur un bateau, renseignement pris, ça s’appelle marin…
Ayant cramé notre « capital Turquie » en venant à Istanbul et dans le garage de notre pote Munir, Nous décidons de faire une toute petite escale à Istanbul histoire de voir le match de rugby pour la troisième place. C’est dans une nuit embouteillée et dans une atmosphère de nuages toxiques que nous retraversons le Bosphore.
Le visionnage du Match France-Argentine nous permet de mettre à profit les leçons d’Espagnols suivies depuis le début du voyage. Après le bottage de cul magistral infligé par l’Argentin jovial à des coquelets bien pâles, c’est donc sous forme d’Erlando Pancho et d’Albano Quichotte ablammossiant una sorta d’Espagnol que vamos de nada d’Istanbul per el camino de nostre terra ancestra.
Samedi
Nous sommes de retour en Europe, youpi, tralala tsoin tsoin.
La plaine Bulgare nous rappelle les environs de Béton Bazoche les grandes plaines agricoles Brieo-Beauceronnes. C’est plat, il y a des champs de betteraves, pas beaucoup d’arbres et des usines de yaourt tous les 300 mètres.
Nous mettons Sofia sur notre agenda et la rencontre s’avère savoureuse. La belle ville nous accueille à bras ouverts et c’est de bonne augure car il semblerait que ses les filles aient de jolies cuisses.
L’entrée en ville se fait dans une atmosphère d’hiver qui tombe sous la forme d’une pluie qui semble prévue pour nous préparer au retour après plus d’un mois passé sous un soleil quasi constant.
Parking, hôtel, bain-douche et restaurant nous tombent dans le bec comme les fruits d’une rapine trop facile. En sortant pour aller voir la finale, il neige à gros flacons sur Sofia qui revêt un manteau d’Hermine qui nous laisse pantois et nous enchante.
Nous rentrerons à L’hôtel plus tard dans la nuit les yeux encore ouverts et convertis par la simplicité, le charme et l’excellente ambiance qui règne sur la nuit Bulgare.
J’y serais bien resté un peu moi chez Sofia, mais il ne s’agit pas de patauger dans le yaourt et le retour s’étant inscrit au programme nous décidons de crocheter par Budapest pour le retour et nous traversons donc une Serbie enneigée sur la route du Pays Magyar où nous espérons trouver l’antidote présidentiel.
Pas d’antidote mais un passage aux bains turques pour se décrasser un petit tour dans cette ville magnifique… Nous voilà Mardi Soir arrivé à SOLÉOLE pour reprendre des forces après 24 heures de route et vous dire merci de nous avoir suivi et encouragé jusque là…
Un petit épilogue à venir d’ici la fin de la semaine prochaine et d’ici là….
Patience.
dimanche 14 octobre 2007
Le Caucase : retour vers le futur ? Non, en avant vers le passe !
Ca a commence comme ca : je ne comprenais pas pourquoi mon p... de portable ne se connectait pas a ce p... de reseau Georgien.
C'est en allant finalement telephoner a la poste que j'ai compris.
Un peu plus tard, alors que nous cherchions une pompe pour redonner a manger a la CX, nous avons roule pendant plus d'une heure sans voir de pompe a diesel. Du sans plomb 98, du 95, du super, de l'ordinaire, du GPL, mais du mazout, nib !
Commencant a avoir un vague doute, nous nous sommes tout de meme arrete a la station suivante, ou il nous a ete repondu "Dizel ? Da, niet problem !"
En fait, les pompes sont des pompes de recup et le contenu de la boite ne correspond pas forcement a l'etiquette.
Bon, on l'a quand meme goute a deux reprises pour etre bien sur de faire le plein de gas oil...
Voici quels ont ete nos uniques compagnons de route ces derniers jours : de venerables antiquites roulantes qui ont du connaitre Staline en culotte courte et font passer la CX pour une jeune pucelle.
Admirez le demarrage a la manivelle (d'ailleurs il a pas demarre. Il a fallu qu'on le pousse).
Pas de bois de chauffage, le petrole Russe qui ne coule plus autant qu'avant : le combustible principal est la bouse sechee, que l'on stocke dans les granges en prevision de l'hiver.
A la place des tuiles : une couche de 20 cm de terre et de l'herbe. Parait que c'est un super isolant... en tous cas c'est moins cher que Placo + laine de verre.
Par solidarite (et aussi parce que la derniere cartouche de notre camping gaz a rendu l'ame), nous faisons assaut d'ingeniosite pour nos soupe du soir et cafe du matin.
Une grosse boite de cassoulet vide, quelques pommes de pin enduites de graisse de canard, c'est pas encore ce soir qu'on mangera froid.
L'Ecole Armenienne des Ponts et Chausees doit utiliser des consultants Georgiens, ils ont un peu la meme conception de ce que doit etre une Nationale.
Quand je pense qu'on fait venir nos roulements par DHL a prix d'or... pour le prix on aurait pu racheter tout le stock du papi et avoir un bel insigne de taxi en prime.
Homo Caucasius
Allelouia, Gloire à toi Saint Barnabé, l’impossible a été réalisé… Nous sommes repartis vaillants vers de nouvelles aventures dans notre bonne vieille voiture !
L’incroyable s’est donc produit et après une journée de fous nous voici à nouveau sur la route de l’Est alors que la CX toute pimpante fut remise sur roues vers 21 heures trente. Nous repartons comme dans nos rêves les plus fous à l’assaut de l’Orient dans une nuit voilée de noir telles les futures veuves éplorées des all black que nous sommes maintenant persuadés de pouvoir battre ; l’impossible n’étant pas Français… et encore moins Turc.
La moins bonne surprise vient du fait que notre monture couine sérieusement du roulement gauche et que le droit lui rend un écho inquiétant. « Petites Séquelles de l’Opération » nous dira le docteur Munir qui nous promets quelques milliers de km de plus.
Afin de ne pas emprunter notre moral revenu au beau fixe…nous utilisons la « méthode GG » qui ressemble de loin à la méthode Caue, en bref : mettre la musique à fond en chantant très fort..et hop, miracle ! On n’entend plus rien.
Sur l’instant, c’est d’une efficacité redoutable et nous traversons la Turquie au son mélodieux des Grands hommes qui ont fait la musique française… Boby Lapointe, Renaud et Michel Sardou… Pour les puristes.
Samedi
Notre objectif initial ayant été de voir le match des quarts en Georgie, nous avalons les kilomètres pour nous présenter à une frontière Georgienne bien accueillante même si notre capacité à communiquer avec le douanier s’amenuise encore un peu si cela était possible après notre entrée en Turquie.
Qu’à cela ne tienne, c’est en vainqueur que nous entrons à Batumi, capitale de l’Adjarie, région du Sud Ouest Géorgien où, après 3 nuits sans répit pour nos dos et la finesse du nez de nos alter ego, nous nous installons dans un petit hôtel avec télé….et douche.
Je ne reviendrai pas ici sur l’excellent moment que nous passâmes à regarder les Français bleuir le cul des blacks dans cette chambre d’hôtel à la finition moyenne (la ressource de l’électricien Géorgien pour faire passer des fils en cassant des morceaux de vitres est assez « inattendue»), mais qui nous vit témoigner une joie certaine avant d’entamer une quête d’endroit pour une troisième mi-temps sans succès dans le néant nocturne de Batumi.
Dimanche
La méthode GG n’ayant pas amélioré l’état de nos roulements à billes, nous décidons de nous octroyer la journée de repos méritée le dimanche et de glandouiller dans Batumi en attendant l’ouverture des garages le lundi.
Cette halte nous permet de découvrir une petite ville balnéaire de fin d’été : plages désaffectées, température parfaite, café internet, kalchapuris et restaurants variés à coût modérés… Bref une étape du dimanche qui nous permet de redessiner notre itinéraire à la terrasse de cafés ombragés en regardant passer les filles qui marchent sur la plage.
L’un des plaisirs de l’endroit est de découvrir que l’anglais n’a pas encore tout à fait fini sa conquête du monde avec la découverte de langues (le Géorgien puis l’Arménien à venir) dont les traductions en Russe nous laissent stoïques… car « non compatibles » avec l’étendue de nos connaissance en étranger. On avait été bien chauffé par le Turc à alphabet latin mais l’alphabet Cyrillique puis Arménien créent un jeu de piste de haut niveau pour qui veut traverser ces contrées escarpées. On aime, ça renforce le dépaysement en espérant toujours secrètement s’attaquer au Perse !
Lundi
La grimace du garagiste qui envoie notre CX en l’air pour lui regarder les dessous et les roues nous laisse perplexes quant à la possibilité de faire réparer les roulements défaillants… Il faut dire que les concessions de la Chetron ne courent pas les rues et que les garagistes rencontrés nous ont, de leurs mines patibulaires et renfrognées, fait comprendre que nous étions dans de sales draps et qu'on aurait mieux fait de rouler en LADA.
La difficulté n’étant pas obstacle à notre sérénité… Nous décidons de prendre le pari de pouvoir rallier Erevan (située à environ 500km de là, Capitale de l’Arménie) sur notre fond de roulements en roulant mollo et en y allant doucement. Olivier, le matelot démissionnaire, nous aidera à trouver la pièce défaillante et à finaliser l’envoi vers la capitale arménienne.
Nos talents de cartomanciens et cartographes embaume de notre flair d’aventurier légendaire, nous font opter pour la route du Sud qui longe la frontière Turque dans une vallée enclavée de la Géorgie pendant environ 150 km pour ensuite traverser la frontière vers l’Arménie, pays d’origine des Aznavour, Guediguian…mais aussi du Devedjian... Cependant, le rouge qui marque la route nous enduit d’erreur pour ce qui est de sa qualité.
Ayant choisi l’option « courte » pour économiser nos billes, nous nous retrouvons après une cinquantaine de kilomètres à entamer l’ascension d’un col qui culmine à plus de 2200 mètres sur une route, ou plutôt une piste, dont les nids de poules pourraient accueillir une basse cour impressionnante d’hippopotames et d’éléphants. Nous slalomons donc à 10 à l’heure dans les méandres de l’incertitude alors que nous ne croisons plus que camions et véhicules 4x4 ou 6x6 tandis que nous ne chaussons que du 2. Nos phares éblouissent la rétine des yeux des chauffeurs de camions adverses qui, à la vue de notre attelage sur ces routes d’un autre âge, se promettent d’arrêter de boire en conduisant…Du moins temporairement.
Tel Bouvier en consort franchissant des cols incertains en d’autres temps lointains nous escaladons la montagne magnifique jusqu’à l’épuisement dans des cadences kilométriques quasi paraplégiques.
Nous trouvons enfin un petit havre où nous nous installons, au milieu des étoiles, au bord de la soit disant « nationale ». Heureux comme des papes, nous aurions bien bu un Châteauneuf tout aussi radical alors que la route nous a échoué près d’un site plus ou moins monacal. Nous nous contentons d’un minestrone que nous rendons chabrot à l’aide d’un jus de raisin Turc qui se défend plus que bien sur l’échelle de valeur des nectars dit « vins ».
Mardi
Le petit matin et les oiseaux qui chantent nous réveillent de très bonne heure (9h30) et nous font découvrir que notre étape nocturne nous a garé à cent mètres d’une source aux eaux miraculeuses qui soignent tout.
Nous en faisons un plein bidon pour boisson, brossage de dents et ablutions puis nous nous relançons, de jour cette fois ci, dans l’escalade de ce col où aboutit la vallée teintée de toute la gamme et le tralala des couleurs d’un automne qui s’avance à pas de loup dans un décors d’ours de montagnes.
Après encore quelques heures sur rythme allant du lent vers l’envers du temps, nous sommes propulsés dans quelques espaces atemporels où les camions croisés tiennent plus du salaire de la peur que des temps modernes tandis que les paysans ont rarement besoin des doigts de leur deux mains pour compter ce qui leur reste de dents dans les sourires qu’ils nous distillent prudemment.
Les saluts sont amicaux même si les sourires sont rares dans des contrées où le temps semble s’être mis en suspens et où « l’attente de bord de route » semble être le passe temps qui ici remplace télévision et console vidéos. Nous sommes content de leur en donner pour leur argent quand avec malices nous demandons notre route dans un Georgien plus qu’approximatif et surtout pas efficace.
Sur les bords des routes, les gens récoltent leurs patates, châtaignes, noix et navets tandis que les amandiers plantés il y a plusieurs années dans les yeux des jeunes filles d’Akhachilké ( une des villes du sud de la Georgie) par des parents prévoyants produisent chez leurs jolies enfants des regards d’amandines d’une beauté vraiment pas anodine.
Notre nouvelle passion pour les religions nous fait une fois de plus visiter musée et monastères et nous profitons lâchement de l’étape pour brûler un cierge.
En effet, le retour d’un lit de goudron douillet pour notre CompliX est rassurant mais inquiétant pour nos oreilles attentives et rodées à la complainte douloureuse de roulements zagoniques… Ceci nous incite à lancer un nouveau défi…
Si nous arrivons ensemble et entiers du côté Arménien de la force, les Rugbymen Français devraient arriver à bout des perfides Anglais dans le grand tournoi de ballon ovale qui continue de faire vendre bières, chambres d’hôtels et polos à 500 balles, là-bas dans notre lointaine France Hexagonale.
La visite d’un site monacal troglodyte et des grottes de Dvarzia nous permet de camper au bord d’une petite rivière on ne peut plus bucolique.
Nous nous félicitons de notre avancée dans les confins de l’ancienne URSS en cuisinant des confits de canards aux patates dignes des plus grandes cantines, que nous inondons de vin cette fois ci Georgien. Bref, le temps semblant s’être arrêté en ces lieux reculés, nous prenons le notre pour avancer à un rythme de mulet bien chargé tandis que chaque nuit accueille de nouvelles parties de Jaquet sous des ciels étoilés alors que GG continue de perdre les parties avec une rigueur Germanique que je ne lui connaissais pas.
Mercredi
Ce sont une fois de plus les bergers, promenant et abreuvant leurs troupeaux, qui nous réveillent de bon matin, vers 10 heures. Le plan est simple… Traverser une frontière supplémentaire pour se rapprocher d’Erevan et continuer notre voyage un peu plus loin à l’Est, toujours à l’Est.
Un petit point culinaire…
S’il est un mot sur lequel la concession ne fut faite c’est bien cuisine salade et sardine. On pourrait croire à la relecture de ce récit emprunté de mécanique et empaillé de réthorique que nos Français en exil ont oublié l’un des principes fondateurs de leur identité, c’est à dire une façon raffinée de se donner l’énergie.
Ce voyage aura mis en lumière deux recettes sans cesses améliorées qui nous sont devenues familières : les rillettes de sardine évolutives et la salade multi-choses.
Pour ce qui est de la salade, nous la rendons chaque fois un peu plus exotique avec des compositions internationales à faire baver d’envie le chef d’un hôtel Intercontinental. :
Tomates Turques, concombres de débutant Grec, oignons macédoniens, olives Albanaises, herbes provençales, fromage de Brebis de Georgie, vinaigre et Huile d’Olives produisent des salades des plus réussies. Il semblerait que l’absence des légumes de production marécho-massives donne aux aliments des goûts oubliés qui nous transcendent le palais à chaque expérience.
Quant aux rillettes de sardines, elles s’enrichissent à chaque sortie un peu plus de leur environnement alimentaire direct pour devenir au fil des étapes de succulents mets dont nous nous embabinons les gencives avec une joie renouvelée à chaque tentative.
Un peu plus loin, nous traversons des paysages de steppes mongoles à l’orée des passages frontaliers. Les maigres rencontres sont souvent ailées et de majestueux aigles locaux caressent de l’ombre de leurs ailes massives le capot empoussiéré de notre CX préférée mais un peu poussive.
Passage de frontière sans fioritures au milieu de nowhere… Ambiance de bout du monde assuré avec des douaniers qui clignent des yeux en voyant l’engin et qui repartent ensuite compléter la sieste qu’ils ont commencée depuis le début de leur affectation dans l’endroit. Ils n’avaient pourtant pas l’air méchant ces douaniers mais ils ont quand même du faire quelques bien vilaines chose pour être affectés là bas.
Après la frontière, une route à l’asphalte compatissant comme un tapis nous amène jusque Gumri , deuxième ville du pays d’Arménie qui subit de plein fouet le tremblement de terre de 1988. Nous y trouvons un marché du « tout à pas cher » ainsi qu’un petit café où le patron sympathique nous offre une image de la Sainte vierge et un briquet avec une tour eiffel en égrainant comme sur un chapelet usé les noms que lui évoque la France : Jean Marais, Jean Gabin, Pierre Richard, Michel Morgan, Yves Montand, Pompidou, Aznavour, Mitterrand… Banban hésite un instant à remettre le brave homme à la page en citant Sarkozy, Christian Clavier, Vincent Delerm, Jean Marie Bigard, Bernard Laporte et bien sur Devedjian… Puis laisse finalement le vieil homme à ses souvenirs.
L’Arménie, c’est donc cela, un peu de cailloux, quelques brins d’herbes et de la poussière… C’est en tout cas ce que nous trouvons alors que nous pénétrons en douceur dans notre nouveau terrain de jeux. Les paysans arméniens baladent aussi leurs troupeaux de vaches et de moutons sur ces steppes ombragées de nuages alors que nous cherchons de nos yeux vifs et perçants à trouver l’arbre qui cache les forêts. On cherchera longtemps avant de devoir rappiner quelques pommes de pins dans une simili forêt de sapin en vue de faire cuire notre cassoulet du soir. L’Arménie, le bagne parfait pour les pyromanes !
Nous continuons notre session de camping sauvage sur un flan de colline où nous traînons la CX pour ensuite se repentir et se promettre d’arrêter bientôt le trial sous peine de désillusion prochaine quant à notre capacité à atteindre l’Eden fixé pour la demi finale en équipage complet et sans les roues de la voiture sur les épaules.
Heureux les campeurs d’Asie Presque Centrale et d’Europe Orientale, emmerdés seulement par le vent et les étoiles. Nous savourons notre bonheur d’être au milieu de rien et de nulle part. La montagne couve notre bivouac de ses pentes douces pendant que l’altitude se rappelle à la nuit tombée avec un froid acéré qui nous saisit les entrailles. Nous ne devons qu’à un réflexe héroïque de survivre au froid polaire qui sévit cette nuit là. C’est courageusement que nous nous injectons directement dans le sang une dose massive d’anti-gel sous forme de mirabelle.
Jeudi matin
Nous sommes toujours vivants. La Framboise est bonne, la quetsche a du talent mais la Mirabelle garde les vertus médicinales les plus belles. Louée soit la prune jaune fermentée puis distillee qui nous a sauvé ! Nous améliorons notre technique de réchaud fait d’une boîte de confit, de pommes de pain et de graisse de canard pour s’envoyer un grand café sous la glotte avant de partir à l’assaut de la montagne et de ses grottes de la face Sud, ( la plus ardue assurément !) afin de mettre les dieux de la montagne de notre coté.
Tout en contournant l’appendice montagneux qui culmine à plus de 4000 mètres, nous continuons de découvrir le pays qui l’entoure et la relative pauvreté de ses habitations et habitants.
Ici, on continue de faire sécher les bouses de vache pour se chauffer et l’eau courante l’est surtout dans les flaques et les ruisseaux. Las arméniens battent les Georgiens par KO au nombre de dents tandis que nos avancées linguistiques restent limitées. Heureusement l’alphabet Arméniens étant traduit parfois en Russe nous ne nous trompons que 4 à 5 fois avant de trouver la bonne route.
Plus tard dans l’après midi, nous débutons l’ascension de la montagne que nous devons stopper faute de nuit et de manque de courage du soldat Banban qui en fin stratège rappelle a GG son passé montagnard. Il lui explique de fait et qu’il vaut mieux ne pas entamer d’ascension à plus de 4000 mètre un soir à 18 heures 30 alors qu’il commence à neiger.
La raison et le vent l’emporteront et nous re-descendons améliorer notre technique de réchaud (intégration de la bougie dans le processus de préchauffage ! décidément, cette CX diesel a réponse à tous nos problèmes !) à des altitudes plus clémentes et surtout à l’abri d’un vent qui nous fait songer un moment à installer une grande voile sur notre paquebot roulant.
A l’aide de notre petit manuel de savoir vivre : « comment chier dans les bois ? » nous nous évertuons à recréer de l’humus qui permettra peut-être aux générations futures de rencontrer des arbres de passage dans le secteur et de pouvoir appliquer les précepte de ce manuel au pays des arcs en ciel.
Le vendredi étant Saint, à notre descente de la montagne, nous crochetons pour visiter le Vatican Arménien du coté de Echmiadzin, avant d’aller voir quelques paires de seins bien portées en auréole en buvant quelques bières bien méritées en terrasse de café du coté de la capitale, Erevan.
Nous prenons là-bas nos marques pour le samedi soir et redessinons une fois de plus notre itinéraire en attendant patiemment les roulements de pont avant dûment envoyés par Olivier et que nous devons récupérer le lundi 15 pour les faire monter sur notre auto… Quel terrible destin, nous voilà une fois de plus bloqué en capital à la veille d’un match lui aussi capital; Décidément, nous n’arriverons pas à échapper à la malédiction qui veut nous faire voir cette sacrée coupe du monde de rugby !
De notre côté, nous avons rempli notre part de contrat qui était de rejoindre Erevan en un seul morceau et avec une CX roulante. Nous n’avons pas oublié la difficulté en franchissant les cols ni le bleu de chauffe et la patience lié à notre expérience plus ce zest de folie et d'optimiste qui rend ce voyage tres sympathique… Nous prions maintenant que les vertus développées par notre équipage s’applique aux autres bleus de l’histoire qui elle aussi sera pour aujourd’hui… A suivre.
samedi 13 octobre 2007
A l'est d'Eden
Devant tant d'abnegation (et pour aussi pour que le depart d'Olivier serve au moins a quelque chose...), nous decidons de mettre cap a l'est tout de suite, objectif Georgie, terre de rugby ou nous avons bien l'intention de regarder les petits bleus bouffer les gros blacks.
De la, nous grimpons.
vendredi 5 octobre 2007
Petit contretemps oriental (4 mains)
Le passage Grec est dénué d’anecdotes mais pas de bon temps et nous en profitons pour dégourdir nos corps agiles (et aussi un peu argileux du fait de notre régime alimentaire des 15 premiers jours de voyage) à l’aide de sports nautiques et de randonnées à travers les météores.
Nous recouvrons quelques uns de nos « collègues » perdus de vue depuis la Croatie ( les touristes et les campings..) mais dans une arrière saison plus que généreuse côté soleil et douceur.
Après avoir évité tout excès de zèle hellénique, nous traversons le samedi et d’un trait la thessalonie puis l’Est du pays sans y laisser une Thrace.
C’est une fois encore de nuit et avec le retour d’un bruit de ferraille mâchée que nous traversons la frontière qui nous mènera vers le Bosphore et à l’entrée de l’Asie de Moins de 18 ans.
Après un passage de frontière sans vraiment d’histoire nous avançons dans la nuit Turque, aussi douce que ses consoeurs, et nous filons le long d’une côte où zones industrielles et résidentielles se suivent et s’enfilent comme des perles sur un bout de ficelle.

C est au milieu d’un champ et dans une future une zone de rêve d’avenir pour jeunes couples accédant à la propriété que nous campons notre bivouac.
Au matin suivant, c’est dimanche sur l’Aube quand nous partons vers Istanbul avant que Banban ait évité une nouvelle morsure de justesse, de scolopendre cette fois ci…
Istanbul
C’est dans un tonnerre mécanique de roulement aussi grippés qu’un poilu centenaire que nous arrivons à nous infiltrer jusqu’à l’intérieur de la ville aux milles mosquées ( je dix mille dans un mot comme en cent… en tout cas il y en a beaucoup)
La mission est accomplie,mais la CX nous inquiète sérieusement car elle donne l’impression de cracher des bouts de ferraille comme un tuberculeux distribuerait ses glaires..
Nous la laissons au repos dans un garage couvert et nous trouvons un hotel ayant la télé pour se regarder le dernier match de l’équipe de France… Plus tard, nous nous rendrons dans un pub Irlandais voir les Argentins finir de nous offrir un aller simple pour Cardiff à l’aide d’un réalisme rugbystique de 1ere catégorie. A cette occasion nous rencontrons des Français rugbophiles sympas habitant dans le coin à qui nous demandons assistance pour la voiture et le nom du « petit garagiste du coin qui va bien »…On se retrouvera finalement le lundi en fin
d’après midi dans la concession Citroën après que la moitié du Swiss hotel ( Un 5 et Plus étoiles ) de la place nous ait débrouillé le truc et une consultation de première classe pour la CX au milieu de ses consoeurs bourgeoises...Et la culture dans tout ça ?!
En effet au-delà d’être une escale technique, nous nous débrouillons pour que l’aspect culturel côtoie au plus prêt notre aventure mécanique à Istanbul et vers le bout de ce voyage sans fin… Nous écumons les cornes du doryphore en visitant des Okapis dans la maison bleue de la Grande Sophie… À moins que nous n’ayons musardé sur les rives de Bosphore et de la corne d’or, visité le palais du Topkapi puis la Mosquée Bleue et Sainte Sophie, je suis un peu perdu au milieu de toute cette culture…

En tout cas, c’est très beau ! et très enrichissant, surtout pour ceux qui ont quelque chose à vendre dans les environs aux milliers de touristes qui s’entrechoquent aux portes du palais !
Si, si, on peut voir dans ces endroits tout ce que le monde des riches envoie de retraités en croisière de vacance. C’est très intéressant, et en se positionnant dans un endroit stratégique, on peut voir tout ce que contiennent les paquebots à quai passer devant le même endroit tout au long de la journée. Étant nous mêmes, passagers d’une croisière au long-court ( Humour !), nous prenons un malin plaisir à participer au grand défilé.
Pendant ce temps, notre « love boat » à nous, celle que l’on aurait pu nommer la « pacifiste princesse » est à Quai au Garage pour subir sa 3e petite opération de chirurgie esthétique.
Coté équipe, Istanbul, c’est aussi la perte d’un membre.
Olivier, après 15 rounds âprement disputés, a décidé d’abandonner le combat et jette l’éponge, se disant rassuré par l’expertise du garage Citroën (qui a, semble t il, annihilé la panne d’un coup d’éponge et de jet d’eau sur le capot…on y reviendra) et confiant en notre avenir. Il nous avoue qu’un mal terrible lui ronge le câble de frein de son dos (la fameuse sciatique) et qu’il préfère abandonner la compétition plutôt que d’être contrôlé positif au Miolastan et autres anti douleurs.Après une réaction de consternation, puis de lamentation, de condamnation et de compréhension, nous évitons de peu la case fellation pour laisser Olivier échafauder un plan de vol pour regagner ses pénates Meudonrabadaises avec tristesse et dépit.
C’est sur le Perron de l’Hotel que de déchirants adieux ont lieu. C’est juste triste de voir partir un équipier.

Cap à l’Est, encore…
N’écoutant que notre abnégation pour continuer à tracer notre chemin vers l’Orient, ses promesses de douceurs de splendeurs et d’emmerdements, que nous réembarquons à bord de la CX, GG et banban, fidèles capitaines et lieutenants gardant le cap en dépit de la perte du Matelot Olivier…
Objectif Tbillisi pour traverser la Turquie en 4 étapes et atteindre la Georgie lointaine, terre de Rugby où réside l’un de nos espoirs de voir le quart de finale ( probablement voilé de Noir…) opposant la Le XV de France de Rugby à nos amis Kiwis.

Alors que nous enfourchons le Bosphore magnifique à l’aide d’un pont enjambant, notre destin de touriste se mue peut à peu en celui d’aventureux inconscients se dirigeant vers une inconnue de plus en plus grande et parfois sombre au fur à mesure que la nuit tombe et que la boîte 5 vitesse devient 4, alors que nous visions la cote de la Mer Noire pour longer l’élément jusqu’aux confins du pays, autrefois Ottoman.
Cx nous laisse un peu de répit et têtus nous avançons et, une fois la cote trouvée, nous nous cherchons un petit endroit reculé pour trouver bivouac à notre pied. C’est alors que nous nous apprêtons à descendre un chemin escarpé pour installer un camping de nuitée que CX nous fait enfin une véritable scène. Trop c’est trop, elle n’en peu plus, elle ne bougera plus…ni vers l’avant, ni vers l’arrière, elle est là, elle ne bougera plus.Na !
Il fait nuit, Nous décidons donc, pragmatique, d’installer notre camp en bord de route car providence, celle ci est bordée d’une sorte de parking à 5 mètres de l’endroit où la panne termina de prendre sa véritable ampleur.
Nous terminons un frugal repas pour garder le moral : Chorizo Croate, paté de campagne aux noisettes de la Jeanne, Fromage à pâte cuite du cru et soupe renversée (par terre par GG) à ne pas confondre avec l’omelette, remplacée ensuite par des « stéphanois » au curry du meilleur effet. Alors que nous entamions une partie de tavli (backgammon, le jeu national dans toute la region, des Balkans a la Perse) pour savoir qui irait chercher les secours le lendemain, la Gendarmerie locale débarque, l’œil mauvais et la machine gun répétitive au poing.
Après un instant de latence, nous arrivons à leur expliquer en langage des signes amélioré que la boite de vitesse est devenu boite de statu quo et qu’on s’en occupera le lendemain. L’atmosphère se détend après vérification des passeports et la confirmation que nous ne sommes pas des proxénètes Russes recherchés. Ils appellent un garagiste du coin et on se retrouve à minuit attelé à une Renault 19 hémiplégique dont le moteur bat la Chamade (humour Renault, les autres n essayez pas de comprendre) à essayer de poursuivre la route côtière qui monte et qui descend avec 1 tonne 5 de CX au cul.Après un parcourt éprouvant, mâtiné de notre coté par de nombreuse d’hypothèses quant à des lendemains plus ou moins chantants, nous sommes heureux d’arriver en pleine nuit dans le Broadway de la mécanique, sur l’Hollywood boulevard de la mamaille et de la carcasse, dans le temple de la bidouille de compétition…Bref, on est chez nous !

Nous établissons notre camp pour la nuit devant la salle d’opération et dressons un petit autel éclairé de cierges en l’honneur de Saint Barnabé, le saint patron des voyageurs égarés. Autour de nous, les chiens errants hululent et que les oiseaux de nuit hurlent à la mort alors que la nuit continue de noircir notre destin !
L’opération
Alors que le Chef du Garage arrive, Nous ne sommes prêt que pour une petite consultation que nous espérons sous forme de réglage de tringles d’embrayage…voir d’un petit check up général de transmission…
Après une première approche, le docteur foldingue, en charge de la consultation, nous informe que seule une opération à cœur ouvert pourra nous permettre de faire le point et de savoir si la CX pourra récupérer la mobilité de les membres antérieurs et de son train avant.

Pendant plus de deux heures, c’est un GG angoissé mais souriant et confiant dans la médecine et un Banban insouciant continuant à travailler son Espagnol qui assiste à un premier désossage.
Vient alors un premier diagnostic qui n’est pas encourageant… L’homéopatie pratiquée jusqu’à maintenant n’a eu que peu d’effet, il va falloir opérer à cœur ouvert, peut être même devrons nous avoir recourt à une transplantation de boîte de vitesse. Le manque de moelle et de blogules dans les pignons d’articulation serait à l’origine de lésions grave et irrémédiables pour la transmission motrice.
GG reste fort et continue de brûler son stock de cartouches d’optimisme mais est sceptique quant à la présence d’un donneur compatible dans un rayon proche.
Banban comprend que la situation est grave, et se met derechef au Turc : Combien de temps, de sous, où, « moi pas être lapin de 6 semaines » sont des notions à bien maîtriser rapidement pour éviter tout mouvement dérapant.
Le Docteur semble bon et sincère, la pièce semble chère, l’addition s’annonce sévère… La providence voudrait qu’une CX du même accabit soit présente dans la casse à coté du garage… mais là, il ne faut pas pousser mémé dans les orties ( déjà qu’elle a eu un accident en Albanie) et Banban doit aller à Ankara chercher la boite…
Bref, mes chers petits, mieux qu’Urgence, 24 heures et Prison break et la loi des séries réunies, nous sommes à l’heure même pris au piège du récit qui si vous êtes arrivé jusque là… il vous faudra attendre encore un peu pour connaître un dénouement que nous même avons du mal à envisager… à suivre
Pour faire un don et aider à sauver la CX et son équipage entre la vie et la mort et sous respiration artificielle dans un garage sordide d’une banlieue de ville dont on ne connaît pas le nom…
Si vous connaissez un donateur potentiel (CX moteur diesel 2 ,5 litre 1984… ) n’hésitez pas à nous contacter et à recréer la chaîne de l’espoir !
Appelez le 00336 190738 20 où envoyer un SMS au 00336 76 62 92 92…
ça servira pas à grand chose mais ça prouvera que vous êtes arrivés jusque là ! le beco et à bientôt.
Rajoutıs (GG) : Le post cı-dessus a ete ecrıt par Banban hıer, pendant que votre servıteur etaıt partı avec le garagıste a la recherche de la pıece de rechange ımprobable.
Les roles sont aujourd huı ınverses : Banban repartı a la recherche d une pıece de moıns en moıns probable, je suıs venu le mettre en lıgne avec la cle USB, et par la meme occasıon rajouter les dernıers developpements.
Mıssıon ratee hıer donc, la pıece est ıntrouvable malgre les 170 km (avales en a peıne plus d une heure...) effectues dans tous les 'garaj' des vılles envıronnantes.
Nous avons etablı notre camp de base au garage, squattant le vestıaıre du personnel pour la (ou plutot les, on en est deja a 2 et c est peut etre pas fını) nuıt.

Nous restons stoıques dans l adversıte, malgre la faıble probabılıte de chances de poursuıvre notre voyage. C est par un cassoulet des famılles, arrose d un Aloxe Corton 90, que nous montrons a la Fatalıte notre determınatıon a plutot croıre en la Provıdence.
Faut dıre que cote optımısme, nos nouveaux amıs garagıstes Turcs peuvent nous en remonter : pas decontenances pour 2 sous d avoır perdu un apres mıdı pour rıen, leur plan B n est rıen de moıns que de partır demaın chercher notre Graal a Ankara, soıt 700 km A/R.
Comme je ne veux pas prıve Banban d un petıt tour de manege, je decıde d un commun accord de luı laısser la place du mort pour ce voyage-cı. C est donc luı quı s y colle, depart a 4h30 avec pour tout bagage une banane (et une Carte Premıer au cas ou...)
Je me suıs rendormı lachement 5 mın. apres son depart, et c est son SMS de 8h30 quı me reveılle : 'pas possıble trouver la pıece. En traın d'essayer de faıre rafıstoler l'ancıenne. Sı on part de la en CX, les Bleus gagnent a Cardıff'
Restant confıant dans les talents de rafıstoleurs des Turcs, c est sans trop de surprıse qu'une heure apres je recoıs le suıvant 'pıece OK, je remonte'.
Voıla voıla... bıen sur ıl reste encore la partıe remontage complet de la bete... ıl reste aussı a ce que la Fıat 128 ne s'envoıe pas en l'aır sur le voyage retour. Compte tenu de leur conduıte, le second terme de l'equatıon est sans doute plus aleatoıre que le premıer ! Enfın, Inch Allah.
Cecı dıt, ıl sembleraıt que nos cıerges a St Barnabe et St Bernard (Laporte) ne soıt pas restes sans effets...
Confırmatıon dımanche matın : a cette heure-la nous saurons sı la CX vogue joyeusement a l assaut des routes Georgeo - Armenıennes et sı le petıt poulet bleu a pıcore la fougere argentee...
